Mines de tharsis

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LE DEPART DES ASTURIES
A la fin de l’année 1851, Ernest quitte la France pour l’Espagne, plus précisément les
Asturies; il s’installe à Gijón où il va rester une année.
C’est Eugène Flachat qui l’appelle à Gijón. En effet, Eugène Flachat avait étudié la
construction d’une des premières lignes de chemin de fer qui fut construite en Espagne,
celle de Gijón à Langreo. Cette ligne devait transporter les houilles des mines de Lanca-
Langreo au port de Gijón. Il en confia l’exécution et la direction à Deligny. Un autre
ingénieur de l’Ecole centrale, Claudio Gil, rejoignit l’équipe de Deligny pour s’occuper
plus particulièrement du matériel roulant.
Claudio Gil (1), de nationalité espagnole, était arrivé à Paris en 1843 et avait intégré
l’Ecole centrale en novembre 1845. Il en sortit en 1849 avec le diplôme d’ingénieur-
constructeur. C’est un exemple de ces nombreux étudiants étrangers attirés par la
réputation de l’Ecole centrale.
Cette ligne de Langreo à Gijón comportait un aspect technique tout à fait particulier avec
le plan incliné de San Pedro d’une longueur d’environ 750 mètres avec une pente à 12%.
Ce premier tronçon de la ligne (Gijón-Pinzales) fut inauguré en 1852 en présence de la
reine mère Marie-Christine de Bourbon. Ernest Deligny était présent à cette
manifestation prestigieuse, de même que Claudio Gil qui conduisait le train
d’inauguration. Dans une analyse qu’il fit d’une étude d’Eugène Flachat (2) sur « La
traversée des Alpes par un chemin de fer », Deligny évoqua cette inauguration ; il rappela
que le train tirant une centaine de wagons chargés de houille avait été arrêté à l’aide des
seuls freins à levier dont étaient équipés les wagons et que les treuils et câbles installés
en appoint s’avérèrent inutiles.
A la fin de l’année 1852, Deligny se met en congé temporaire des charbonnages des
Asturies. En effet, le duc Decazes ainsi qu’Eugène Flachat lui confient une mission
« d’exploration et d’études » dans le sud de l’Espagne. E. Flachat étudie de nombreux
projets en Espagne et conseille notamment les frères Pereire. De son côté, Decazes
recherche de nouvelles opportunités de développement et d’expansion en Espagne, les
ressources en charbon et en fer demeurant limitées à Decazeville.
Le congé de Deligny est prévu pour une durée de plusieurs semaines car l’étendue de la
mission est conséquente de même que les distances à parcourir. Qu’on en juge : il faut
quatre jours et demi pour aller en diligence de Madrid à Séville et c’est une des huit
routes royales ; de Séville à Huelva, on emprunte la route 108 qui « n’est guère qu’une
route de cheval » nous informe encore le guide du voyageur en Espagne (3). Deligny se
rend donc à Madrid où il rejoint Decazes.
Il reviendra cependant une fois dans les Asturies en septembre 1853 où il retrouvera à
Mières, Claudio Gil et Adrien Paillette (4). Cette réunion fait dire au journaliste qui
rapporte cette information qu’on se trouve en plein congrès scientifique. La présence
des ingénieurs Deligny et Gil laisse à penser qu’on va enfin décider le chemin de fer


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